Le Château Hébert, à St Enogat

Le château de la Goule aux Fées (devenu par la suite château Hébert) a été construit entre 1873 et 1879 pour l’agent de change parisien Philippe Hébert.
Il tire son nom initial de la grotte sous-marine à proximité de laquelle il fut construit, sur la pointe de la Roche Pelée à Saint Enogat. Ses toitures à forte pente, ses bandeaux et retours de murs en granite, ses fenêtres hautes et étroites se veulent un hommage à l’architecture des malouinières.

L’entrée d’origine, au sud, du côté d’un parterre ovale, se faisait par un jardin d’hiver entièrement vitré présentant les plus beaux spécimens de plantes élevées dans la serre du château, chef d’oeuvre de charpente métallique construite vers 1901 près de l’entrée du parc, d’après les plans de Gustave Eiffel. Le hall d’entrée à l’anglaise renferme un escalier monumental à double volée avec tribune en bois.

Autour de cet espace, quatre grandes peintures sur toile, spécialement réalisées pour la demeure entre 1876 et 1878 par Ernest-Paul Brigot, élève de Courbet, illustrent le thème de la chasse. Dans l´ancienne salle à manger, à droite de ce hall, des dessus de portes à compositions de fleurs ou de fruits, dus à Godefroy de Hagemann, accompagnent deux toiles décoratives du 18e siècle, représentant différentes espèces d’oiseaux, évoquant le naturalisme de Buffon.

Le domaine de 4,5 ha est un immense parc arboré qui domine le GR 34, avec une vue exceptionnelle de Saint-Malo jusqu’au Cap Fréhel.

Marie-Thérèse Solacroup,
la nièce de Philippe Hébert est née en 1892. Elle obtient les Diplômes d’Etat d’Infirmière, d’Assistante Sociale et de Puéricultrice et consacre toute sa vie aux problèmes d’Assistance et d’Action sociales, particulièrement en faveur de l’Enfance et de la Jeunesse.

Elle hérite de la demeure en 1947 et décide d’y créer un aérium marin sous le nom de Notre-Dame-du-Roc.

A sa mort en 1968, alors adjointe au maire de Dinard chargée des questions sociales, elle lègue la totalité de ses biens, dont l’ensemble de la propriété, à une Fondation, reconnue d’utilité publique en 1970 : « J’entends affecter la totalité de mes biens et de mes revenus à une fondation destinée à la fois à perpétuer l’oeuvre accomplie jusqu’à présent par l’Aérium Notre Dame du Roc et à la développer, l’adapter aux nécessités sociales et scientifiques nouvelles ».

La Fondation comprend deux entités :

– La Maison Notre-Dame du Roc, Maison d’Enfants à Caractère Social créée en 1972, accueille tout au long de l’année 26 enfants, adolescents ou jeunes majeurs, confiés par les services de l’Aide Sociale à l’Enfance.
– L’Institut Marie-Thérèse Solacroup gère les projets initiés par la Fondation. Depuis septembre 2019 une école du numérique solidaire accueille de jeunes adultes au profil atypique, jeunes autistes Asperger, à haut potentiel, ayant des troubles de déficience de l’attention avec hyperactivité, jeunes atteints de troubles « Dys », mais aussi jeunes en décrochage scolaire pour les former aux métiers du numérique en lien avec des entreprises.
– L’Institut est aussi un site d’exception pour accueillir séminaires, forums ou colloques, organisés sur des thèmes que la Fondation soutient.

Anecdote sur la grotte de la Goule aux fées :
La chambre noire des frères Lumière. Été 1877, Auguste et Louis Lumière, inventeurs du cinématographe, âgés respectivement de 15 et 13 ans, passent leurs vacances à Saint-Énogat. Cherchant un lieu sombre pour développer leurs plaques photographiques, ils se réfugient au fond de la grotte de la Goule aux Fées. Mais peu à peu, la marée monte et obstrue l’entrée. Les deux frères, pris au piège, se font alors le serment, au cas où ils s’en sortent, de ne jamais séparer leurs deux prénoms et de signer conjointement les inventions qu’ils feront dans l’avenir.

L’eau redescend et les frères, au nom prédestiné, quittent la grotte faisant office de chambre noire : les  »Frères Lumière » sont nés. Ils feront ici même leurs premiers essais de développement de photographie couleur, prélude à des tirages qui seront couronnés de succès des années plus tard.

Ancien Couvent des Carmes au Guildo
L’ancien couvent des Carmes du Guildo se trouve sur la rive droite de l’Arguenon, près du château de Gilles de Bretagne, sur un site occupé depuis l’Antiquité, comme en témoignent à proximité la présence de l’allée couverte de La Ville Génouhan (3000 à 2500 avant J.C.) et le passage d’une voie romaine qui reliait Aleth à Erquy.

On pouvait franchir l’Arguenon au Guildo, à gué ou en barque avec des passeurs (la fonction de passeur au Guildo est mentionnée pour la première fois en 1256). Ce carrefour était réputé périlleux (le nom Guildo pourrait signifier  »gué dangereux »). Un rapport d’ingénieur, daté de 1878 mentionne :  »Le passage de la rivière du Guildo offre, à marée basse, quelques dangers, par suite des sables mouvants, ce qui l’avait fait appeler autrefois sous le nom de ‘Guedum dolosum’. »
Le passeur du Guildo n’a cessé son activité qu’à la construction du pont franchissant l’Arguenon en 1864.

Au fil des siècles, l’endroit a été investi pour en faire une véritable citadelle, ce qui est attesté par la construction du château de Gilles de Bretagne dans le prolongement de l’éperon rocheux au début du 13e siècle.

Le site, surplombant l’Arguenon, fut occupé à partir du 13e siècle par les chevaliers de Saint Jean de Jérusalem. Le pays ayant dû faire face à deux tragédies, la peste et la Guerre de Cent ans, ils avaient établi un port d’aumône pour accueillir les pauvres et les pèlerins.

Deux hôpitaux fondés à la fin du 14e siècle par Charles de Dinan, seigneur du Guildo, étaient situés sur chacune des rives.
Une collégiale fondée par Robert de Dinan en 1420 succéda au port d’aumône.
Au 17e siècle, les membres de cette collégiale entrent en conflit avec le seigneur du Guildo Jean d’Avaucour. A la demande de celui-ci et après accord de l’évêque de Saint-Malo, les carmes se substituent à cette ancienne fondation et s’établissent au couvent du  »Bon Port » en 1621. Ils prélèvent un droit sur la traversée de l’Arguenon qu’ils afferment à un passeur.

En 1758, le couvent est impliqué dans la Bataille de Saint-Cast qui oppose la France à l’Angleterre.

En 1790 les moines quittent définitivement le couvent devenu bien national avec la Révolution française. L’inventaire réalisé à l’époque montre l’existence d’une chapelle, d’une église et d’un cloître. Un rapport des édiles et du clergé des cantons de Plancoët et de Ploubalay propose d’en faire un hôpital destiné à accueillir surtout les mendiants. Le projet n’aboutit pas et le couvent est vendu. L’église disparaît au début du 19e siècle en étant vendue pour la pierre.
Le bien est racheté en 1848 par un architecte dinardais qui le transforme pour lui donner l’apparence d’une malouinière. Au 20e siècle la propriété appartient à un grand parfumeur et des personnages illustres y séjournent : René Pléven, ancien Garde des Sceaux, Jacques Brel…

De ce couvent il subsiste aujourd’hui la maison conven-tuelle et les ruines de l’église et du cloître.
Depuis 2017 la restauration du chœur de l’église a été entreprise par les propriétaires actuels avec l’aide de l’Association des Compagnons du Guildo.
Le bâtiment conventuel, de plan rectangulaire, à six travées de baies régulières en façade antérieure, est construit sur un terrain escarpé. Il est composé de deux étages de soubassement, d’un rez-de-chaussée et d’un étage carré, et couvert d’un toit à croupes à forte pente.

Gérard Rembault, propriétaire des lieux et maître conférencier, diplômé de l’École du Louvre nous retracera l’histoire et nous expliquera l’architecture du lieu.

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